Dossier "Manuels scolaires : Les mettre à la page"
Échanges professionnels : Parler manuels, c’est parler métier
13 octobre 2014

Attractivité pour les élèves, ressources documentaires et démarches pour le maître, possibilité d’adaptation, le suivi d’échanges entre enseignants sur une liste de discussion permet de mieux cerner leurs attentes face aux outils pédagogiques.

« Cette année, j’enseigne pour la première fois l’histoire aux CM. J’ai un livre et un fichier élève de chez Hachette que je trouve assez élitiste et souvent indigeste. Quelqu’un aurait –il un outil plus attractif à me conseiller ? » Ghislaine a posté ce message le 30 septembre sur « marelle 01 », une liste de discussion sur internet réservée aux enseignants du département de l’Ain. Les réponses ne tardent pas, tant les manuels sont fréquemment au coeur des échanges professionnels. Dans les cours de récréation mais aussi semble-t-il sur la toile. « J’utilisais la collection « connaître » de Hatier quand j’avais un multiniveaux  : simple et efficace  » répond Pierre. Florent, pour la géographie, propose la méthode Accès, sans manuel mais avec « un CD de documents pour le maître et les élèves ». Une manière de trouver des ressources mais aussi de pouvoir composer son propre parcours, que plébiscite également Sylvie : « les classeurs MDI se composent d’un dossier général sur un sujet donné puis d’une dizaine de petits dossiers complémentaires permettant de détailler certaines notions. Très pratique car on peut choisir des itinéraires en fonction de nos besoins ». Un plus confirmé par Isabelle qui, avec le fichier photocopiable numérisé Magellan, peut se construire ses propres fiches. « Le livre du maître est très bien fait, ajoute-t-elle, car en plus de conseils pédagogiques et didactiques, il propose des pistes complémentaires (films, tableaux,…) ». Pour elle, les valeurs véhiculées par le manuel sont aussi importantes « J’aime bien son « esprit », il parle de l’histoire des femmes, de la vie quotidienne, des arts. » Au-delà des ressources, Nadine est sensible, elle, aux démarches d’apprentissage puisqu’elle complète ses manuels avec « Situations problèmes pour enseigner l’histoire en cycle 3  » qui « propose une mise en situation/ jeu de rôle pour chaque thématique abordée  ». Quelques jours plus tard Ghislaine a déjà commandé un spécimen de quelques uns des exemplaires conseillés. « Je vais les tester cette année avant d’en choisir un pour équiper les élèves l’an prochain  » dit-elle avant de conclure « Plus que des réponses, j’ai eu des éléments de réflexion et des échanges de pratiques sur la place des manuels en classe.  »

Manuels numériques

Le primaire à la traine ?

20 % des enseignants du premier degré seraient utilisateurs de manuels numériques en 2014 contre 8 % en 2011. Ce sont les chiffres recueillis par TNS-Sofrès pour « Savoir livre » l’association des 6 principaux éditeurs scolaires. Dans le premier degré, l’enquête montre que les usages sont limités par le matériel puisqu’une école sur trois n’a pas de vidéoprojecteur, une sur quatre n’a pas d’accès à internet, et seules 18 % des écoles ont accès à un espace numérique de travail. Au-delà, c’est le manque de crédits pour acquérir des ressources et le manque de formation qui freineraient le déploiement du numérique.

Sésamaths

Éditeur 2.0

L’association Sésamath propose gratuitement des ressources en mathématiques pour l’école primaire. Logiciel de géométrie avec Tracenpoche, outil pour composer des séances d’exercices individualisés pour ses élèves avec LaboMEP, rallye de calcul mental avec calcul@tice,..., ces ressources sont élaborées de manière collaborative par des collectifs d’enseignants. Sésamath propose désormais un cahier de maths CM2 sous licence libre donc téléchargeable et modifiable. Un pas vers les « manuels libres » déjà diffusés pour le collège.

Ressources institutionnelles

Canopé

« Une offre éditoriale rénovée, la mise à disposition de ressources multiformats adaptées à chacun des canaux de diffusion disponibles (imprimé, numérique, mobile, TV) ». Inauguré en février dernier le réseau Canopé ex Scéren-CNDP ne souhaite pas seulement changer de nom. Il ambitionne de « conjuguer innovation et pédagogie pour faire entrer l’École dans l’ère du numérique ». Un chantier urgent selon la Cour des comptes qui dénonçait voilà peu « un modèle obsolète » et coûteux où 6 % seulement de ses productions éditoriales étaient de nature numérique.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Le coût des outils pédagogiques
- Au rapport : Un usage paradoxal
- Trois questions à Sylvie Milochevitch, directrice éditoriale du secteur scolaire primaire aux éditions Hatier : « Tenir compte des différentes pratiques des enseignants »
- Lectorino et Lectorinette : Un outil irrigué par la pratique quotidienne
- Échanges professionnels : Parler manuels, c’est parler métier
- Entretetien avec Éric Bruillard, Professeur d’informatique à l’ENS : « Le numérique peut faciliter les échanges de ressources »