Dossier "Redoubler C’est dépassé ?"
Du côté des parents : Des adhésions de principe
8 septembre 2014

Les parents font énormément confiance aux enseignants lors des propositions de redoublement.

D’après les recherches de l’IREDU (Institut de recherche sur l’éducation) sur le redoublement en classe de CP (étude menée par Thierry Troncin et portant sur 4 000 élèves), il apparaît que les parents font énormément confiance aux enseignants lors des propositions de redoublement, ces derniers étant eux-mêmes convaincus des bienfaits de ces décisions. En effet, les « oppositions de principe » des parents sont minoritaires par rapport aux « adhésions de principe ». En effet, 6 familles sur 10 estiment que les élèves n’ayant pas le niveau requis doivent redoubler. En revanche, une famille sur 5 estime que la décision leur revient. Il n’y a pas de différences entre les parents dits « favorisés » et ceux dits « défavorisés », même si dans la première catégorie, on est plus désireux d’explications et globalement moins disposée à accepter d’emblée la décision. De manière opposée, les familles dites « moins favorisées » affichent un certain fatalisme. Pour Paul Raoult, président de la FCPE, « on est plutôt contre le redoublement ». Même s’il ajoute immédiatement après « que ça ne veut rien dire ! » Pour la FCPE, plutôt que la « solution » du redoublement, il est nécessaire d’accompagner ces élèves avant qu’ils ne décrochent pas totalement, comme avec le dispositif du « Plus de maîtres que de classes ». Il ajoute : « Ce qui nous contrarie, c’est que l’élève redoublant est exclu de sa classe d’âge. Il se sent dévalorisé, il perd son estime de lui. En France, ce sont les évaluations qui font redoubler. Acquérir les bases partout, c’est presque une dictature. Alors qu’il faudrait plus adapter son enseignement, valoriser l’élève, mettre en avant ce qu’il sait et non toujours ce qu’il ne sait pas.  » La FCPE croit dur comme fer au triptyque famille-élève- enseignant, nécessaire pour permettre le développement cognitif des enfants. Et Paul Raoult de conclure d’un ton mi-figue, mi-raisin : « Et avec les 2 milliards que le redoublement coûte à la France, si on le supprimait, on pourrait en mettre des accompagnements auprès des élèves ! »

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Le redoublement ne peut plus être qu’exceptionnel
- Une exception française en voie de disparition ?
- Des alternatives pour apprendre et rester ensemble
- Et ailleurs : Mais comment font-ils donc ?
- Trois questions à Thierry Troncin : « Une rigidité structurelle sclérosante »
- Entretien avec Denis Meuret : « Coûteux, inéquitable et inefficace »