Grève le 10 février --- Pour l’avenir de l’école
Dotations départementales, 101 raisons de se mobiliser pour l’école
27 janvier 2011
  (3 votes)

Le SNUipp publie les dotations en postes budgétaires des départements pour la rentrée 2011. La règle à soustraction va s’appliquer aveuglement alors que les projets de fermetures sont mis sous le boisseau jusqu’aux élections. Il est pourtant urgent d’agir. La mobilisation pour l’école ne peut attendre ! .

On connaissait les dotations pour la prochaine rentrée scolaire. 8 967 postes en moins dans le primaire : disparition de 5 600 moyens enseignants considérés en surnombre par le ministère mais bien présents dans les écoles et suppressions brutes de 3 367 postes ( voir carte). Voici, maintenant, la déclinaison département par département.

JPEG - 334.7 ko
Cliquer sur la carte pour l’aggrandir

Seuls, 9 départements enregistrent des dotations positives. Mais, à regarder attentivement les créations, celles-ci confinent au ridicule : 1 poste en Haute- Savoie pour 813 élèves supplémentaires, 1 poste en Isère pour 719 élèves en plus, +2 en Vendée pour +336 élèves, +5 en Loire-Atlantique pour + 502 élèves et .... cerise sur le gâteau : 0,5 poste en Haute-Garonne pour 1 163 élèves supplémentaires.

Pour les autres dotations riment avec suppressions. Les départements de l’Est et du Nord de la France sont plus particulièrement touchés par cette logique de coupes claires. Au final, la vue d’ensemble montre très nettement que l’école disposera à tous les niveaux de moins de ressources pour travailler à la réussite des élèves.

RASED, maternelles, remplacements, surnuméraires, la chasse aux « gisements d’emplois » est ouverte et si ça ne suffit pas on suggère déjà d’augmenter les effectifs par classe, de fermer des classes ou de regrouper des écoles rurales. Le budget de l’Éducation nationale traduit qu’on le veuille ou non le projet éducatif de la nation. Celui de la France se réduit comme peau de chagrin, mais cet âne n’est pas bien gras comme le souligne l’OCDE qui relève que l’investissement de la France dans le primaire est déjà de 15% inférieur à celui de la moyenne des pays membres de l’organisation.

L’annonce des mesures mise sous le boisseau

Signe des temps, la carte scolaire ne sera publiée que fin mars début avril, alors qu’habituellement elle est divulguée en février. Le fait que les élections cantonales se déroulent avant sa publication n’est pas un hasard. Dans un scrutin où les enjeux locaux ont une grande importance, même si l’école primaire ne relève pas de la compétence des futurs élus, tout objet de mécontentement n’est pas bon à prendre pour les candidats proches de la majorité gouvernementale. Le ministère s’attend donc à une forte contestation, d’autant que durant les deux années suivantes la même politique est programmée par le gouvernement. Ces dernières semaines le ministre Luc Chatel a multiplié les annonces, le président de la République s’y est mis lui-même expliquant qu’une remise en cause d’une partie de la réforme de la formation serait possible. Mais tout cela manque cruellement de cohérence. Exemple, le ministre de l’Éducation nationale prévoit l’élargissement de l’enseignement des langues vivantes aux enfants de 3 ans alors qu’à ce jour la généralisation n’est pas achevée dans l’élémentaire et que près de 700 postes seront prélevés sur les intervenants en langues vivantes.

Dans cette situation d’urgence, l’école ne peut attendre !

Grève le 10 février et une nouvelle action nationale en mars

Ce sera le jeudi 10 février. Le SNUipp appelle avec la FSU à une journée de grèves et de manifestations partout en France pour l’avenir de l’école. Le SNUipp et la FSU se sont engagés dans une démarche unitaire et, prenant leurs responsabilités, ont lancé leur appel pour le 10 février. Aujourd’hui, c’est le projet de l’Ecole de la réussite de tous qui est remis en question. Ce dernier reste pour l’instant, et malgré les difficultés, porteur de l’idée de démocratisation. Ce n’est pas en diminuant le nombre de maîtres devant les élèves que l’on va améliorer la situation, mieux former les élèves. Pour y parvenir, il faut sortir de la logique comptable dans laquelle le gouvernement enferme l’Éducation nationale. Il faut aller vers un budget de besoin qui prenne en compte les aspirations de la société qui sont officiellement de porter un pourcentage de plus en plus important de jeunes par tranche d’âge vers l’enseignement supérieur. Au contraire, cette logique ne peut qu’accentuer le phénomène français souligné par PISA d’aggravation des inégalités sociales à l’école. L’Education nationale a besoin d‘un budget porteur d’un projet de transformation de l’école, permettant d’améliorer la qualité des enseignements, de prendre en compte les élèves en difficulté, d’améliorer les conditions d’accueil et de vie des élèves à l’école. Tous ensemble, redonnons des couleurs à l’école !!

Plus d’infos

- Grève le 10 février
- Redonnons des couleurs à l’école
- Communiqué de presse du SNUipp-FSU d’appel à la grève le 10 février
- RASED : le grignotage
- Direction : la surcharge
- Effectifs à la hausse
- Tout ce qui n’est pas devant classe
- La maternelle à 3 ans ?
- Remplacements : à la baisse