Rythmes : expérimentations très réduites
Rythmes : des questions lourdes demeurent
25 avril 2014

Le ministre vient d’annoncer des mesures d’assouplissement de la réforme des rythmes très limitées. Maintenant, il faut que les organisations dérogatoires puissent voir le jour dans les écoles partout où les enseignants le demandent.

Le ministre de l’Education nationale, Benoit Hamon vient d’annoncer les mesures d’assouplissement de la réforme des rythmes scolaires. Celles-ci seront cadrées dans un nouveau décret autorisant, sous forme d’expérimentations, quelques types d’organisations dérogatoires aux 9 demi-journées tout en conservant le principe intangible des 5 matinées d’école « propices aux apprentissages ».

La nouveauté se limiterait alors à pouvoir dégager un après-midi par semaine pour le temps d’activités périscolaires (TAP) des enfants. Pour les enseignants, ce système revient à échanger le mercredi matin contre un après-midi qu’ils pourraient consacrer librement à leurs travaux de préparation, de concertation ou d’animations pédagogiques. Dans tous les cas, la semaine scolaire pourrait être organisée sur 8 demi-journées avec 5 matinées (mercredi ou samedi) et 3 après-midi. Depuis deux ans, ce schéma a toujours été l’une des demandes du SNUipp-FSU pour sortir de la règle stricte des 9 demi-journées. Cette proposition arrive bien tard. Que de temps perdu. Si les enseignants peuvent vraiment s’en emparer, et là nous avons de fortes inquiétudes, cette nouvelle possibilité d’organisation de la semaine peut constituer une piste intéressante. Par contre, la proposition d’alléger la semaine avec le mercredi matin et rattrapage sur les vacances n’est absolument pas crédible.

Hormis cela, le champ des possibles est particulièrement limité. Pour un ministre qui promettait de ne rien s’interdire, les propositions sont finalement bien minces. Il n’est pas acceptable de casser des organisations consensuelles comme Poitiers ou Toulouse fonctionnant pendant des années avec 1 mercredi sur 3 dégagé pour la concertation professionnelle des enseignants. Ce qui est possible pour le ski dans les villes de montagnes qui libèrent certains mercredis matins doit l’être ailleurs. De même, les 4 jours allégés avec rattrapage sur les vacances auraient dû être une possibilité offerte à la communauté éducative. Cette organisation répond à des contraintes territoriales qu’il aurait fallu intégrer aux expérimentations.

Maintenant, tout reste à faire. Il faut que les organisations dérogatoires puissent voir le jour dans les écoles partout où les enseignants le demandent. L’information doit donc redescendre rapidement sur le terrain. Dans tous les départements, sans attendre, un Comité départemental de l’Education nationale réunissant le préfet, les élus, les IA-DASEN, les parents d’élèves et les syndicats doit être organisé. Il s’agit en effet de mettre en place les conditions transparentes (modalités, calendrier, …) permettant à la communautés éducative de déposer de nouveaux projets partout où c’est nécessaire et même en 2014. Tout cela doit être équitable. Aucune décision ne peut être rendue de manière unilatérale par un maire comme cela a été trop souvent le cas. Il est temps de rééquilibrer les prérogatives au bénéfice de l’État. Le temps scolaire est de la responsabilité de l’Éducation nationale. Partout, le SNUipp-FSU agira pour défendre les nouveaux projets proposés par les équipes enseignantes.

Par ailleurs des questions lourdes demeurent et n’ont toujours pas de réponses. Comment lutter contre les inégalités territoriales et permettre la libération d’un après-midi sans pérenniser les financements ? Comment accepter les risques de concurrence accentuée avec l‘école privée qui n’est pas tenue de mettre en œuvre la réforme ? Comment améliorer enfin les conditions d’apprentissage des élèves (effectifs, locaux, ...) et de travail des enseignants pour faire de notre école celle de la réussite de tous ? Car, l’essentiel est bien là !

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