Education prioritaire
Des écarts persistants en Eclair
29 mai 2013

Les élèves en Eclair ont des résultats scolaires nettement plus faibles qu’ailleurs, révèle une note de la DEPP. Le SNUipp-FSU estime qu’il est temps de se redonner de vraies ambitions pour l’Education prioritaire alors que des assises sont annoncées à l’automne.

A la rentrée 2012, les 2 139 écoles publiques en Éclair (Écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) accueillaient 6% des écoliers français contre 12% dans les 4 457 réseaux de réussite scolaire (RRS). Essentiellement situés en ZUS (zone urbaine sensible), les élèves des Éclair sont très massivement d’origine sociale défavorisée : trois quart d’entre eux (73,0%) ont des parents ouvriers ou inactifs, contre un tiers (34,5 %) dans les établissements hors éducation prioritaire.

Des conditions d’accueil relativement plus favorables

En 2012, presque 40 % des écoles de l’éducation prioritaire situées en ZUS scolarisent des élèves de deux ans contre moins d’1/4 pour les écoles hors éducation prioritaire en milieu rural. Au sein des ZUS, les Eclair accueillaient 18% d’enfants de deux ans en 2011 contre 11 % hors Éclair. De même, en 2012, le taux d’encadrement à l’école (nombre d’élèves divisé par le nombre de classes) est un peu meilleur en Eclair (22,2) qu’en RRS (22,3) ou hors EP (23,8).

Des compétences de base plus faibles qu’ailleurs

Pourtant, et même si les résultats aux évaluations restent stables depuis 7 ans, le nombre d’élèves qui maîtrisent les compétences de base en 2012 demeurent nettement plus faibles qu’ailleurs. En fin de CM2, 90 % des élèves hors EP maîtrisent les compétences de base en français et 92,1 % en mathématiques. Ils ne sont plus respectivement que 72,2% et 77,6% en Eclair.

Retrouver une politique ambitieuse pour l’éducation prioritaire

Pour le SNUipp-FSU, l’éducation prioritaire a été malmenée ces dernières années : vidée de son contenu par le manque de moyens en RRS, détournée de son but par la mise en place des ECLAIR qui ont amené une individualisation des parcours des élèves. Rompre avec cette logique suppose notamment une refonte complète de la carte scolaire favorisant la mixité sociale, l’attribution de moyens supplémentaires afin de permettre un abaissement significatif des effectifs (20 élèves par classe, 15 en PS et TPS) ou encore le développement du travail en équipe et du « plus de maîtres que de classes ». Les assises de l’éducation prioritaire, annoncées à l’automne seront l’occasion pour le SNUipp-FSU de porter ces revendications.

A consulter :
- L’article de SNUipp.fr : « Education prioritaire - Des assises nationales à l’automne »
- La note de la DEPP : « L’éducation prioritaire – Etat des lieux »

Bref historique de la politique de l’éducation prioritaire
- 1981 : création des zones d’éducation prioritaires (ZEP).
- 1999 : redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire et création des réseaux d’éducation prioritaire (REP).
- 2006 : remplacement des ZEP et REP par les réseaux « ambition réussite » (RAR) et les réseaux dits de « réussite scolaire » (RRS).
- 2011 : la quasi-totalité des RAR rejoint le programme « Écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite » (Éclair)