Langues vivantes
le ministre langue de bois
24 janvier 2011

Alors que la communauté éducative se mobilise contre les suppressions de postes, Luc Chatel annonce son intention d’améliorer l’apprentissage des langues vivantes, en le faisant débuter dès 3 ans et à l’aide des nouvelles technologies. une opération de diversion, pour le SNUipp.

Des annonces à l’emporte-pièce pour ne pas répondre aux questions qui fâchent. La méthode du ministre de l’éducation est désormais éprouvée. « Je veux réinventer l’apprentissage de l’anglais en France ! », rien que ça... Et d’énoncer un certain nombre d’idées, débuter à 3 ans, développer les voyages scolaires, utiliser les TIC pour un enseignement à distance... en précisant qu’elles devront s’appliquer sans surcoût ni embauche supplémentaire.

Voyons maintenant l’autre face du double discours : suppression prévue de 1 000 postes d’intervenants langue à la rentrée prochaine, diminution (voire disparition !) de la formation continue, 8 967 suppressions de postes pour 5000 élèves supplémentaires entraînant mécaniquement une hausse du nombre d’élèves par classe, interrogations sur la place de l’enseignement des langues vivantes dans la nouvelle formation initiale... Les conditions d’une amélioration du travail en langues vivantes sont-elles réunies dans les classes ?

A la veille de la journée franco-allemande (22 janvier ) qui essaie péniblement chaque année d’afficher une volonté de relancer l’enseignement de l’allemand, les déclarations du ministre qui ne parle que de l’anglais font tâche. Pour le SNUipp, c’est sur la formation des enseignants qu’il faut faire porter l’effort : formation en langue bien sûr mais surtout formation à l’enseignement de la langue. Les programmes, re-écrits sous le format du Cadre européen commun de référence pour les langues, définissent pour les élèves les compétences exigibles en fin de CM2 (niveau A1 du CECRL) : « comprendre, réagir et parler en interaction orale ; comprendre à l’oral ; parler en continu ; lire ; écrire ». Avec 30 élèves par classe ?

Quant à commencer en petite section, alors que l’enseignement au CE1 peine à se mettre en place, (82% des élèves concernés l’an passé), la déclaration a de quoi étonner. Le ministre a annoncé la mise en place d’un comité stratégique sur l’enseignement des langues pour réfléchir à cet apprentissage précoce. Beaucoup de d’annonces... pour accoucher d’une souris ?

Pour en savoir plus

UN dossier "Langues vivantes" dans Fenêtres sur cours n°336, p 14 à 19

Un tribune de Claude Hagège dans l’Express

Une video de Françoise Delpy

Françoise Delpy dans Fenêtres sur cours n°346 p 28

Marie-Ange Dat dans Fenêtres sur cours n°320 p 20

Line Audin dans Fenêtres sur cours n°304 p 16


"Peut-on sensibiliser les enfants aux langues étrangères ?" Sébastien Sihr au journal de 13 h de France 2 le 24 janv 2011.