Dossier "Redoubler C’est dépassé ?"
Des alternatives pour apprendre et rester ensemble
8 septembre 2014

Apprendre ensemble dans les meilleures conditions possibles pour tous : c’est l’engagement de deux écoles, dans le Val-de- Marne et l’Ain, qui ont fait le choix de mettre en place des aménagements leur permettant de limiter le redoublement.

Des classes multi-âges à l’école J.B. Clément de Montmagny dans le Val de Marne, des aménagements pédagogiques à l’école des Sources à Beynost dans l’Ain : c’est par ces dispositifs que des équipes ont su trouver des alternatives au redoublement. L’école de Montmagny, six classes, applique la politique des cycles. La même notion est travaillée en même temps par tous, mais avec un degré d’exigence différencié selon la classe d’âge : exemple en CM2, où un élève en difficulté sur une notion peut repartir travailler la même notion en CE2, mais en restant dans sa classe. Ou alors un élève de CE1 pas encore très autonome en lecture : pas de maintien à la fin de l’année, il passe en CE2 mais ses difficultés ont été ciblées et il retournera épisodiquement en CE1 par le biais d’emplois du temps aménagés. Pas d’exclusion de sa classe d’âge et un discours toujours valorisant comme celui de Guillaume Gay le directeur, quand il s’adresse aux autres élèves : « Il vient travailler avec nous, il est grand, il sait plus de choses que nous.  » Un travail d’équipe planifié chaque semaine : réunion de cycles, réunion info sur la direction collégiale, réunion de partage pédagogique avec une auto-formation collective. Et un week-end, plus festif, en juin pour faire le point et réajuster pour l’année suivante.

Un parcours équivalent

À Beynost, c’est la présence d’enfants du voyage dans l’école qui a été le déclencheur d’une mobilisation pédagogique pour éviter le redoublement. Une différenciation au sein de chaque classe, un traitement pro-actif des difficultés en préparant la veille en APC le travail du lendemain, une concertation intense pour faire le point sur chaque élève, et comme le dit fièrement Marie-Françoise Passot, adjointe, « il y a dix ans, on aurait maintenu des élèves en CP, tout ça pour arriver au même résultat à la fin du CE1. Alors que maintenant, tous ont un parcours équivalent, et même s’il reste des lacunes, ils ne chutent pas, ni au CE2, ni en CM. » Des valeurs partagées dans ces deux écoles. Mais un investissement important sur le temps personnel pour tenir autant de réunions de concertation.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Le redoublement ne peut plus être qu’exceptionnel
- Une exception française en voie de disparition ?
- Du côté des parents : Des adhésions de principe
- Et ailleurs : Mais comment font-ils donc ?
- Trois questions à Thierry Troncin : « Une rigidité structurelle sclérosante »
- Entretien avec Denis Meuret : « Coûteux, inéquitable et inefficace »