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Des PE stagiaires insuffisamment préparés au métier
1er juillet 2015

Deux ans après la mise en place d’une nouvelle formation initiale des enseignants qui a vu la création des ESPE, le SNUipp-FSU a mené une enquête en ligne, au cours du mois de mai, pour connaître l’appréciation des professeurs des écoles stagiaires (PES) sur leur année de formation, pour certains à mi-temps à l’ESPE et à mi-temps en classe, pour d’autres en pleine responsabilité de classe.

82 % des 1 244 stagiaires ayant répondu à cette enquête ne se sentent pas assez préparés pour avoir la responsabilité d’une classe. La gestion de l’hétérogénéité des élèves (69,5%) et de la difficulté scolaire (59,6%) sont considérées comme les deux principales difficultés.
A l’ESPE, les contenus de formation sont jugés insatisfaisants concernant l’initiation à la recherche (75%), mais aussi la pratique pédagogique et la gestion de classe (69,2%), la connaissance de l’élève (67,3%), les enseignements spécifiques de l’école primaire (langage, lecture, numération…)

Pour les stages en classe, les PES jugent leur suivi et leur accompagnement insuffisant : en moyenne, trois visites dans l’année qui conduisent à placer le tuteur davantage dans un rôle d’évaluateur pour la titularisation du PES que de formateur pour apprendre le métier. Il faut aussi noter que près de deux PES sur dix ont été affectés en CP ou CM2 lors de leur année de formation, contrairement aux recommandations ministérielles.

Au final, les PES se disent débordés (72%) et stressés (63%) alors qu’ils ne sont que 24% à se déclarer épanouis. Cette année de formation, cumulant validation universitaire et responsabilité d’une classe, est jugée beaucoup trop lourde.

Pour le SNUipp-FSU, cette enquête est une invitation à revoir l’organisation et le contenu de la formation initiale. L’entrée dans le métier des nouveaux professeurs des écoles devrait être étalée sur deux années : une première année de stagiaire à deux tiers du temps en ESPE et seulement un tiers-temps en stage en classe, puis une deuxième année à mi-temps en ESPE et en classe. Le suivi et l’accompagnement des PES doivent être aussi améliorés. De plus, le cadrage national de la formation doit être renforcé, notamment afin que les ESPE proposent une préparation au métier d’enseignant adaptée aux besoins des enseignants du primaire et s’appuyant sur les travaux de la recherche (connaissance et psychologie de l’enfant, apprentissages propres à l’école maternelle et élémentaire, gestion de la difficulté scolaire, lien avec les parents...)

Paris, le 30 juin 2015

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