Pisa à la loupe
Davantage de motivation sans sélection
16 juin 2014

Selon Pisa, la motivation des élèves est plus forte dans les systèmes éducatifs qui n’opèrent pas de sélection précoce et qui ne regroupent pas les élèves dans des filières d’excellence ou de relégation.

« Les élèves qui font preuve d’une forte motivation à l’égard de l’apprentissage des mathématiques obtiennent de meilleurs résultats dans cette matière. » Cette première conclusion tirée d’un dernier « Pisa à la loupe » frise l’évidence et c’est sans doute à la deuxième qu’il faut s’attacher. Elle révèle en effet que la motivation est plus forte dans les systèmes éducatifs qui n’opèrent pas de sélection précoce et qui ne regroupent pas les élèves dans des filières d’excellence ou de relégation. La motivation mesurée ici par l’OCDE est qualifiée d’ « instrumentale » car elle s’exprime par le bénéfice et l’utilité que les élèves pensent pouvoir tirer des mathématiques plus tard, pour la poursuite de leurs études ou leur future carrière. Moins de motivation et des compétences donc moindres en maths aux Pays–Bas par exemple, qui propose 7 filières d’enseignement distinctes, ou en Autriche qui effectue une première sélection dans ces filières dès 10 ans. L’enquête extrapole ensuite les résultats au-delà des mathématiques. Selon elle, l’homogénéisation des effectifs d’élèves ou leur sélection « agit généralement comme une forme de ségrégation indirecte qui accentue les disparités socio‑économiques, entraîne une inégalité des possibilités d’apprentissage et démotive par conséquent un grand nombre d’élèves qui ont le sentiment de ne pas bénéficier des mêmes chances de réussite ».

A consulter :
- Réussite : les élèves sont-ils motivés ?