Dossier : "Nouveaux programmes | Reprendre le cours de l’histoire "
Cycle III | À Clamart, Les CM2 s’arrêtent à Austerlitz
18 décembre 2013

Cyril Labat, dans son CM2 de Clamart, a choisi le récit historique comme outil principal pour faire vivre ses leçons d’histoire.

« Il vous suffira de dire : j’étais à la bataille d’Austerlitz, pour que l’on réponde : voilà un brave » . La leçon d’histoire de Cyril Labat, enseignant de CM2 à l’école des Rochers de Clamart (92), commence par la lecture du discours prononcé par Napoléon au lendemain de la bataille. « Qui parle ainsi à ses soldats et en quelle année ? » : Par une question simple, le maître resitue le contexte et permet à ses élèves d’entrer dans l’activité en faisant appel aux leçons précédentes. Aujourd’hui Cyril a choisi d’aborder les campagnes napoléoniennes au travers d’un récit vivant et détaillé qu’il appuie en affichant au tableau des portraits des personnages évoqués : Murat, Talleyrand, Hortense de Beauharnais... Au delà de la référence aux grandes batailles et aux faits historiques comme le blocus commercial infligé à l’Angleterre, Cyril sait capter l’attention de l’auditoire par des références à l’actualité et à l’environnement des élèves -le nom des stations de métro correspondant aux victoires mais aussi en évoquant la stratégie machiavélique de Napoléon pour asseoir sa domination en implantant sa famille et ses proches sur les divers trônes d’Europe ou les nombreuses maîtresses de l’empereur. Régulièrement, il questionne sa classe pour relancer l’attention et invite les élèves à réinvestir leurs connaissances toutes fraîches en décryptant des œuvres picturales de l’époque présentées sur le TBI installé dans un coin de la classe. L’intérêt des élèves ne faiblit pas et repose sur une maîtrise impressionnante du sujet par le maître capable d’interagir avec ses élèves et de répondre aux nombreuses questions souvent pertinentes.

JPEG - 24.4 ko
La Bérésina pour la grande armée mais beaucoup de plaisir pour les élèves.

Faire vivre et aimer l’histoire

Cyril, de formation plutôt matheuse, n’a pourtant rien d’un historien : « Je me suis pris au jeu, au fur et à mesure, stimulé par la curiosité des élèves et leur passion pour l’histoire ». Il assure cet enseignement dans les deux CM2 de l’école avec le souci de multiplier les supports : « En région parisienne, nous avons la chance de pouvoir nous déplacer dans les musées, nous sommes allés voir le tableau de David sur le sacre de Napoléon au Louvre, il y a 15 jours et la semaine prochaine nous allons aux Invalides ». Films, objets historiques, documents divers, pour Cyril , l’essentiel à l’école primaire est de faire vivre et aimer l’histoire. Il y voit également une occasion concrète de dispenser l’éducation à la citoyenneté inscrite au programme. Aujourd’hui, la retraite de Russie vient sonner le glas des rêves d’hégémonie impériale. Mais quand Cyril annonce la fin de la leçon, c’est un cri de désappointement qui émane de toute la classe, impatiente de retrouver son rendez-vous hebdomadaire avec l’histoire.