Dossier "En campagne pour l’école rurale"
Convention : Échange postes contre réorganisation
16 juin 2015

Le Cantal est le premier département français a avoir signé une « convention pour l’aménagement du territoire scolaire ». Une garantie pour maintenir les postes pendant 3 ans. Mais après ?

U ne « convention pour l’aménagement du territoire scolaire cantalien » : c’est ce qu’ont signé le 24 janvier 2014 les élus du Cantal et les autorités académiques, en présence de Vincent Peillon. Il faut dire que dans ce département très rural qui, depuis vingt ans, perdait des élèves par centaines et des postes d’enseignants par dizaines, « il y avait urgence à sortir d’un engrenage qui conduisait à l’inexorable déclin de la qualité de l’enseignement offert à nos jeunes  » se souvient Christian Montin, secrétaire général de l’association des maires du Cantal.

En échange de l’assurance d’un maintien du nombre de postes pendant trois ans, élus, représentants des enseignants, administration, associations et parents ont donc entrepris d’élaborer des propositions pour « maintenir une école de proximité, qui tienne compte de la démographie, de la géographie, du climat, de l’état des routes, tout en offrant la totalité des services qu’on peut attendre d’elle » résume Christian Montin. Mais il y a des contreparties, comme créer 8 à 9 RPI et faire baisser le nombre d’écoles de une à trois classes sur la durée de la convention. Une contrainte « a priori » que conteste Julien Barbet, le responsable départemental du SNUipp-FSU, pour qui « ce ne doit pas être une machine à fermer des classes. »

Une autre carte scolaire ?

Si pour le maire, il s’agit de raisonner en « bassins scolaires », il faut tenir compte de la réalité des territoires. Ici « le maintien d’une classe unique avec huit élèves peut se justifier » plaide Julien. Là en revanche, pourquoi ne pas concentrer les moyens sur une seule école en la dotant de toutes les infrastructures nécessaires  ? Là encore, on expérimentera à la rentrée prochaine une classe de 2 ans qui drainera tous les enfants du secteur « en l’inscrivant dans une politique globale de la petite enfance, les moyens de l’Éducation nationale accompagnant les efforts matériels des collectivités » ajoute le maire. Sortir en définitive « de la seule règle à calcul et montrer qu’on peut faire la carte scolaire autrement », là est le défi. Mais il ne faudrait pas qu’en 2017, à la fin de cette convention triennale, les choses redeviennent comme avant, concluent-ils tous deux.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- L’école à l’épreuve des mutations territoriales
- Enquête SNUipp : le visage de l’école rurale
- Convention : Échange postes contre réorganisation
- Yves Alpe : « Il n’y a pas de déficit des élèves ruraux en terme de réussite scolaire »
- Yonne : un RPI en mouvement
- Michel Baron (FNER) « Pour des écoles rurales de qualité et de proximité »