Dossier | Rentrée : Ce qui attend l’école
« Construire des programmes pour le XXIe siècle »
26 août 2013

3 questions à Philippe Joutard, ancien président de la commission chargée des programmes de 2002.

- Quelle philosophie doit sous-tendre les nouveaux programmes ?

  • Il faudra tenir compte du fait que ce sont des programmes pour le XXIe siècle qui devront intégrer la notion de globalité de l’instruction, de la culture. La transversalité doit être remise en avant et les notions doivent être enseignées les unes en lien avec les autres. Ainsi la maîtrise de la langue ou le numérique peuvent être travaillés à travers la totalité des domaines. Il faut « tordre le cou » à l’idée qu’il y aurait des enseignements fondamentaux et d’autres qui le seraient moins. Ces programmes devront se décliner par cycle et non avec des progressions annuelles et les programmes du dernier cycle s’articuler avec ceux du début du collège.

- Comment doivent-ils être élaborés ?

  • Les 2 commissions travaillant l’une sur le primaire, l’autre sur le collège devraient avoir un rapport étroit et le Conseil Supérieur des Programmes pourrait l’inscrire dans son cahier des charges. L’élaboration des programmes peut se faire dans le temps en associant les enseignants, par l’intermédiaire d’une consultation générale dès la première mouture terminée. Cela permettrait que les enseignants pointent ce qui semble faisable ou infaisable avant que les programmes ne soient validés. Les enseignants pourraient aussi désigner ce qui dans les nouveautés leur semble intéressant mais difficile à mettre en place et nécessite une aide fournie par des documents d’accompagnement ou des actions de formation continue.

- Comment améliorer leur appropriation par les enseignants ?

  • Un temps assez long est nécessaire entre la publication des programmes et la mise en pratique, avec une mise en route de manière progressive dans chaque début de cycle. Une année d’intervalle permettra que la formation continue aide à une appropriation complète des programmes par les enseignants. Enfin, une évaluation au bout d’un an ou deux pourra être intéressante pour envisager des aménagements ou des additifs si besoin.