Dossier : "Pour que les cycles tournent rond "
Classes multi âges : le temps d’apprendre
14 janvier 2014

Le fonctionnement par classe de cycle et le suivi d’une cohorte d’élèves par le même enseignant pendant 2 ou 3 ans fait partie de l’ADN de l’école Paul-Émile Victor de Lyon. Un rapport au temps qui a un impact sur les façons d’apprendre et d’enseigner.

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Quand on demande aux élèves d’une des trois classes de CE2-CM1-CM2 de l’école Paul Émile Victor à Lyon ce que leur école a de particulier, Antoine répond qu’« elle est installée dans une vieille maison restaurée » et Adlane qu’ « on fait des sorties pour voir des spectacles ». Le fonctionnement en classes de cycle n’est pas cité d’emblée tant il fait partie de l’histoire de l’école depuis 20 ans. C’est Zoé qui l’explique ensuite et Delphine qui proclame qu’« ici on est très, très autonome ». Elle le prouve aussitôt en descendant en salle informatique avec un petit groupe pendant que d’autres élèves installent un jeu de conjugaison et que la maitresse, Julie, fait passer des brevets. La mise au travail est rapide, chacun sait ce qu’il doit faire, le climat de confiance et d’écoute est perceptible dans cette classe comme dans l’école. Selon Jean- Pierre Davent, le directeur c’est tout l’intérêt de ces classes de cycle où les enseignants suivent les mêmes élèves pendant 3 ans. « On y gagne en connaissance des élèves, en confiance mutuelle, en ambiance de classe, en coopération et on a le temps de mettre en place des modes de travail sophistiqués. » Dans sa classe par exemple, ce rapport au temps différent va permettre aux élèves d’apprendre à travailler en atelier autonome, à s’auto corriger, à gérer un contrat de réussite ou un tutorat. Pour Laurence la troisième collègue du cycle 3, « le rapport aux apprentissages est différent parce qu’il n’y a pas le couperet de la fin d’année ». Les élèves peuvent devenir acteurs de leurs apprentissages. « La souplesse de programmation permet de mettre les apprentissages en perspective » confirme Julie. « Ici on n’est pas bon ou mauvais une fois pour toutes, le multi âges induit l’idée que le temps permet de progresser », explique encore Jean-Pierre.

Classe de cycle ou classe multi âges

Le fonctionnement coopératif n’est pas imposé mais il découle de l’obligation de gestion de l’hétérogénéité, de la nécessité d’une autonomie des élèves et d’un système d’évaluation permettant de baliser leur parcours. Chaque enseignant, même nouveau dans l’école, y souscrit tout en gardant son style propre. Le travail par section est maintenu quand il est jugé plus efficace ou plus simple à mettre en œuvre et c’est le cas chaque jour pour une séance de maths et une d’histoire, géographie ou sciences. Alors ici, les nouveaux cycles en préparation questionnent : on a du mal à envisager une classe de CP CE1 CE2 qui puisse prendre en compte la spécificité des CP et leur autonomie à construire. On se demande si les interactions entre CM1 CM2 seront assez riches sans la présence des CE2. Mais une chose est sûre, on tient au multi âges et au suivi pluriannuel des élèves.