Enquête
C’est pas du jeu !
11 janvier 2016
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Une étude réalisée dans l’académie de Toulouse montre que les jeux d’étranglement seraient beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense chez les jeunes enfants.

Qu’on les appelle « la tomate », le « rêve bleu », « le cosmos » ou « le foulard », les jeux de non oxygénation ou d’étranglement semblent faire une inquiétante concurrence aux billes et à la marelle dans les cours de récréation. C’est le constat révélé par une enquête, la première du genre, conduite auprès de 1 125 enfants par le service d’accueil des urgences pédiatriques de l’hôpital de Toulouse et l’Inserm. À un questionnaire détaillé proposé aux enfants des classes élémentaires, 71 % répondent connaître au moins un jeu d’asphyxie et 40 % en avoir déjà pratiqué un. Une pratique dont le cadre privilégié est l’école, en particulier la cour de récréation pour 73 à 84 % des enfants c o n c e r n é s âgés de 6 à 11 ans, 33 % s’y étant “initiés” dès la maternelle. L’étude montre aussi que 7 % de ces enfants s’y adonnent chaque jour et 6 % plusieurs fois par jour.

Renforcer la prévention

« Aucun profil psychologique particulier n’a été retrouvé chez ces enfants », relèvent les responsables de l’enquête pour qui en revanche, les motivations ne sont pas les mêmes que celles des adolescents (qui ne sont eux que 7 % chez les collégiens et 12 % chez les lycéens.) Pour les plus jeunes, il s’agit surtout de « jouer comme les autres » indiquent-ils. Alors même que le risque vital associé est connu par 48 % des petits pratiquants. Même si, compte tenu du très jeune âge des répondants, les enquêteurs se montrent prudents sur l’interprétation des résultats, le constat interroge et mérite que soit conduite une étude similaire, de dimension nationale cette fois. C’est ce que préconisent les auteurs, afin que soient affinés ces résultats et surtout mieux ciblées les actions à mener auprès des jeunes enfants. Des actions à conduire aussi auprès des parents, qui pensent trop souvent que cela n’arriverait pas à leur propre enfant, et en direction des médecins qui connaissent mal ces pratiques. Comme les enseignants d’ailleurs, malgré les campagnes de communication déjà menées par le ministère.

Lire aussi :
- une brochure d’information du ministère de l’Éducation nationale