Mise au point
C’est la faute au primaire ? Stop aux caricatures
2 décembre 2013

Après le traitement médiatique d’un rapport de l‘inspection générale sur la mise en œuvre des programmes et avant la publication des résultats PISA, une curieuse petite musique résonne. Le primaire et ses enseignants seraient la cause des maux de notre école. Arrêtons les fables et les caricatures. Il serait temps de valoriser ceux qui font l’école, de leur redonner confiance et fierté de leur métier. A commencer par améliorer de manière significative leurs conditions d’exercice du métier pour la réussite des élèves ! C’est ce que le SNUipp-FSU portera pour les enseignants et l’école primaire lors de la grève du 5 décembre.

Plusieurs médias se sont fait l’écho d’un rapport de l’Inspection générale « Bilan de la mise en œuvre des programmes de l’école primaire de 2008  ». Après des années de mise en accusation du collège, il semblerait bien que ce soit maintenant au tour de l’école primaire d’être pointée du doigt comme le maillon faible de notre système éducatif. Certes, l’école primaire a sa part dans les difficultés actuelles de notre école. C’est d’ailleurs pour cela qu’au SNUipp-FSU nous voulons la transformer.
Mais il serait un peu trop facile d’accuser les enseignants du primaire qui travaillent dans des conditions difficiles sans formation continue, avec des effectifs chargés, des programmes inadaptés.
Ce serait aussi trop facile de mettre sur la sellette le primaire comme si par miracle, à l’entrée en 6ème, il n’y avait plus de problèmes de contenus, de pédagogie, de rythmes scolaires... C’est bien tout le système éducatif qui a besoin d’être repensé pour la réussite des élèves. On aurait aussi souhaité que l’on s’interroge sur le rôle des inspecteurs de l’éducation dans l’appui apporté aux enseignants et sur la formation initiale et continue sinistrée depuis de nombreuses années.

Indispensable formation

Les programmes ont été modifiés en 2002, puis en 2007, et encore en 2008. A chaque fois, les enseignants se sont adaptés, le plus souvent sans formation, sans qu’on les outille et sans qu’on en leur donne le temps. Il ne faudrait pas passer sous silence ces points essentiels du rapport de l’Inspection générale. Ce serait même un comble de demander aux enseignants de faire des choses pour lesquelles ils n’ont pas été formés. Alors qui peut croire que demain, les enseignants seront mieux armés uniquement avec des formations en ligne « M@gistère » comme le prévoit le ministère ? C’est d’un vrai renouveau de la formation continue des enseignants en présentiel et alimenté par les travaux de la recherche dont les enseignants ont besoin. Dès maintenant, et pas en 2016 comme le prévoit le ministre.

Un engagement à valoriser

Les enseignants du primaire méritent plus de considération. Leur métier est de plus en plus complexe et s’exerce dans des conditions toujours très difficiles. La crise aussi ne reste pas à la porte des écoles. Les enseignants passent la totalité de leurs journées à l’école, avec tous leurs élèves du matin au soir, ils font la classe, surveillent les récréations, travaillent avec les familles, tissent des liens avec les partenaires. Un engagement au service de la réussite de leurs élèves s’élevant à plus de de 44 heures de travail par semaine selon les propres chiffres du ministère et avec des salaires décrochés de leur niveau de qualification.

Accuser le primaire et ses enseignants est une impasse. « Priorité au primaire » ne signifie pas que le primaire a tout faux, tout comme émettre de vives critiques sur la réforme actuelle des rythmes n’est pas l’expression d’un soi-disant corporatisme. Arrêtons les fables et les caricatures ! Il serait temps de valoriser ceux qui font l’école, de leur redonner confiance et fierté de leur métier. A commencer par améliorer de manière significative leur condition d’exercice du métier pour la réussite des élèves.

C’est ce que le SNUipp-FSU portera pour les enseignants et l’école primaire lors de la grève du 5 décembre.