Handicap
Autisme : le soin et l’école
21 mai 2013
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[Fenêtre sur cours] a interrogé Christine Philip, Maître de conférences en sciences de l’éducation, à propos du plan « autisme » présenté par le gouvernement.

Quelles sont les mesures phares du plan « autisme » présenté par le gouvernement ?

Ce troisième plan met l’accent sur le diagnostic précoce qui devra se faire vers 18 mois. Les prises en charge précoces seront favorisées par la création d’Unités d’enseignement dans les écoles maternelles. Ensuite l’accompagnement tout au long de la vie est envisagé avec la transformation et le renforcement des structures sanitaires et médicosociales qui devront suivre les recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé (HAS). Il y a enfin un volet soutien aux familles et des mesures pour la recherche et la formation.

Ces mesures vont-elles dans le sens des familles ?

Dans le débat qui opposait les partisans de l’approche éducative et ceux de la psychanalyse, la ministre a clairement tranché en faveur des premiers, suivant ainsi la HAS. C’est un motif de grande satisfaction pour les familles. Mais il ne doit pas masquer les insuffisances du plan notamment concernant les adultes, ainsi que les ambigüités de certaines mesures autour de la scolarisation parfois en deçà de la loi de 2005 sur le handicap.

Quelle place pour l’école ?

Elle arrive toujours après la Santé et ce sont les structures sanitaires et médicosociales qui sont présentées comme les mieux à même d’accueillir cette population. Ainsi, on envisage d’exporter les Unités d’enseignements vers les maternelles. Les enfants autistes plus âgés seront davantage dirigés vers les établissements spécialisés. Pour la scolarisation et l’accompagnement en milieu ordinaire, on ne cite que les élèves dits « de haut niveau » comme les « Asperger ». Les enseignants sont les grands absents du plan. Il ne leur est proposé qu’une sensibilisation générale au lieu d’une véritable formation à l’autisme. Tout ceci est paradoxal car on prône des méthodes éducatives dans lesquelles les enseignants ont toute leur place et on sait que les enfants progressent davantage dans des classes ordinaires. On aurait pu développer les CLIS et les ULIS et favoriser davantage l’inclusion scolaire comme le font de nombreux pays.