Prévention
Allergies : envisager une réaction
12 janvier 2015

Pour prévenir les réactions allergiques, l’école dispose de projets d’accueil individualisé. Mais seule une intervention rapide peut éviter les drames.

En novembre dernier, un enfant de 9 ans décédait à la cantine suite à une crise d’allergie. Ce dramatique accident, bien que rarissime – le premier dans une école depuis 2007 – vient rappeler qu’une simple allergie peut avoir des conséquences tragiques. En cause, le choc anaphylactique, une conjonction de deux réactions allergiques (démangeaisons, urticaire, œdème, asthme, nausées, douleurs abdominales...), qui peut être mortel s’il n’est pas traité rapidement. Chez l’enfant, le choc anaphylactique est déclenché par une allergie alimentaire dans 90% des cas et les études épidémiologiques estiment que 5% des enfants sont touchés par une allergie alimentaire (INSERM). À l’école, c’est donc au restaurant scolaire que ces problèmes risquent d’apparaître, d’autant que les allergènes alimentaires sont nombreux : lait, œufs, arachides, poissons et fruits de mer, fruits à coque, céleri, kiwi…

Des stylos injecteurs d’adrénaline

En 2003, les premiers projets d’accueil individualisé (paI), élaborés avec les médecins scolaires, détaillaient les traitements ou gestes de premiers secours à délivrer à l’enfant en cas de crise. Désormais, tous les enfants allergiques qui ont un PAI doivent disposer d’une trousse d’urgence dans l’école (bronchodilatateur, adrénaline...) et depuis janvier 2015 les restaurants scolaires ont pour obligation d’afficher les allergènes les plus courants présents au menu. Mais dans les pays anglo-saxons, les enfants souffrant d’allergie portent sur eux des stylos injecteurs d’adrénaline qu’ils peuvent s’auto-administrer en urgence.
Une solution sans risque selon Pascale Couratier, présidente de l’Association française pour la prévention des allergies, qui précise qu’une «  injection inutile ne provoque pas de réaction secondaire grave  ». Pourtant, «  de gros efforts sont encore à faire  » en terme de formation du personnel affirme-t-elle. Un problème accentué par le déficit de médecins scolaires, alors que les statistiques européennes estiment que 50% de la population pourraient être victime d’une allergie d’ici 2030.