Airs de familles : des papas, des mamans, des enfants
28 août 2015

Pas toujours facile pour certains enfants d’avoir l’impression de ne pas avoir une famille comme les autres. Pas toujours évident pour certains enseignants d’avoir des élèves aux familles qui semblent bien singulières. C’est pourquoi ces albums, et bien d’autres, sont importants à l’école : ils mettent des mots et des images sur des histoires d’amour et de vie, ils aident à comprendre, se comprendre et s’enrichir de la diversité.

Jean a deux mamans

de Ophélie Texier, ed. L’école des loisirs. Cycle 1

Cette collection qui veut avant tout parler d’amour présente différentes situations aux enfants pour leur permettre de mieux les comprendre (adoption, famille nombreuse, orphelin, divorce…). Le texte est court et efficace pour bien faire passer le message. Ici, Jean a deux mamans : Jeanne qui l’a porté et attend un autre enfant, et Marie. Dessins sympas, couleurs vives, pages cartonnées : bien adapté aux tout petits !

Mon bébé du bout du monde

de Rose Lewis, ill. Jane Dyer, ed. Syros. Dès le cycle 1

L’histoire de l’adoption d’une petite fille en Chine, que sa maman, la narratrice, raconte à l’enfant : l’orphelinat, la première rencontre… Une belle histoire d’amour qui remplit d’émotion les parents qui ont vécu cette aventure. Et les autres, qu’ils soient célibataires comme cette maman ou pas, avec des mots tout simples que les enfants, même tout petits, comprennent bien. Un classique aux douces illustrations, à avoir dans sa bibliothèque de classe.

Les deux mamans de Petirou

de Jean de Monléon et Rebecca Dautremer, Ed. Hachette Jeunesse. Cycles 1 et 2

Écrit par un pédiatre, pour aider les parents à parler à leur enfant adopté. C’est le point de vue de Petirou qui raconte comment et pourquoi les parents qui l’aiment qui l’élèvent ne sont pas les parents qui lui ont donné la vie. Il n’occulte ni la détresse des uns face à la stérilité, ni la réalité de parents qui aiment leurs enfants mais n’ont pas les moyens de s’en occuper… Les tons roseorangé renforcent le côté chaleureux d’un texte au vocabulaire simple bien adapté aux jeunes enfants. Sans jugement, plein d’espoir.

Ma super famille

de Gwendoline Raisson, ill. Magali Huche, Ed. Père Castor Flammarion. Cycle 2

C’est compliqué une grande famille : beaux-parents, demi-frères et soeurs, grands-parents (et mêmes deux mamies amoureuses), tantes, oncles, cousins au bout du monde… 18 double-pages de bonne humeur où Thimothée démêle et présente les siens, comme sa belle-mère. « C’est vrai qu’elle est belle, mais je crois que même si elle était moche comme un ver de terre, ce serait quand même ma belle-mère. Parce qu’une moche-mère, ça ne se dit pas. » Les illustrations ne sont pas en reste avec plein de surprises en soulevant volets et rabats. A l’image des familles d’aujourd’hui.

Un air de familles

de Béatrice Boutignon, Ed. Le baron perché. À explorer à tout âge

Familles monoparentales, homoparentales, recomposées, adoptives, classiques, réduites ou tribus...l’excellente Béatrice Boutignon, auteure de l’incontournable « Tango et ses deux papas », raconte les petites différences qui font la singularité des familles. L’évolution des modèles familiaux apparaît en jouant grâce aux indices pour découvrir ce qui distingue ces familles et ce qui les rassemble. Un univers bienveillant aux détails touchants, pour se poser des grandes questions sur l’amour, la vie, la mort. Mais aussi sur le quotidien (coucher, repas, entrée à l’école…) d’une famille à l’autre.

Composition familiale

d’Anaïs Massini, Ed. L’épicerie de l’orage. Cycles 2 et 3

L’arbre généalogique laisse de côté trop de gens qui font partie de la vie des enfants. Cette boîte à outil créative permet, elle, de construire le plan de sa famille, d’en faire le portrait en toute liberté, quelle qu’en soit sa composition. On sait l’importance, pour trouver sa place dans le réseau familial de dessiner son histoire personnelle, représenter son entourage, nommer les siens, y compris les cousins des familles recomposées qu’on croise l’été ! Un outil intéressant pour (re) penser comment, en classe, travailler sur les représentations des familles.


Do la honte de Raphaële Frier, Ed. Rue du Monde. Fin cycle 3

C’est Cléo, 13 ans qui nous en parle : «  Dorian est un élève de 6e on ne peut plus ordinaire. Mais derrière ce garçon en apparence si parfait se cache une famille pour le moins étrange. Sa mère est alcoolique et ne travaille pas alors que son père est souvent absent et son petit frère a des difficultés pour tout comprendre. Depuis son plus jeune âge, Dorian fait tout pour rendre sa famille invisible jusqu’au jour où il faudra bien qu’il l’assume. Je recommande ce livre car le personnage de Dorian est très attachant même si certains passages sur l’intimité de ce dernier et notamment sur la misère dans laquelle il vit mettent parfois mal à l’aise. »