Aide personnalisée : il faut que ça change.
5 juin 2012

Huit enseignants sur dix ne sont pas ou sont peu satisfaits de l’efficacité de l’aide personnalisée (AP). Une enquête menée par le SNUipp-FSU auprès de 18 625 enseignants dresse un constat sévère du dispositif, phare de lutte contre le noyau dur de l’échec scolaire et lancé depuis 2009.

Au chapitre des critiques, une confusion des genres qui voit des élèves avec des difficultés scolaires de natures très différentes, pris en charge au sein d’un même dispositif. D’un côté, des difficultés « ordinaires », liées à l’acte d’apprendre pour lesquelles l’aide personnalisée peut proposer des remédiations passagères, parfois utiles. De l’autre, des difficultés lourdes relevant d’une aide spécialisée pour lesquelles, faute de moyens RASED, l’aide personnalisée n’est pas la réponse appropriée.

Autre grief, l’aide personnalisée a considérablement allongé la journée d’école pour des élèves déjà fragiles en ce qui concerne l’attention ou les attitudes scolaires. Les enseignants déplorent la fatigue générée pour leurs élèves comme pour eux, constatant que par manque de temps, le travail en équipe se fait plus rare au sein de l’école, chacun se cantonnant prioritairement à sa classe.

De ce tableau, un élément significatif ressort. Les enseignants apprécient tout de même de pouvoir travailler avec des petits groupes d’élèves. Cela améliore le climat de confiance et permet aux élèves de mieux s’exprimer notamment en maternelle où le langage est primordial. Cela permet aussi de faire évoluer le regard des enseignants sur les élèves et leur manière d’apprendre et de travailler.

Au final, cette enquête, forte de la parole professionnelle des enseignants, appelle de nouvelles mesures concernant la difficulté scolaire. Il en ressort que l’aide personnalisée a vécu, tant ses défauts en matière d’efficacité et de rythme sont criants. Le SNUipp-FSU demande que l’avenir du dispositif fasse l’objet de discussions dans le cadre de la nouvelle loi d’orientation de l’école, en lien notamment avec la concertation sur les rythmes de l’enfant. Il faut repenser les réponses à la difficulté scolaire. L’aide aux élèves en difficulté doit être assurée sur un temps scolaire, commun à tous les élèves. Sa prise en charge relève de nouveaux fonctionnements avec notamment « plus de maîtres que de classes », mais aussi avec la réhabilitation et un renforcement du rôle et des missions des RASED. La formation et les conditions d’exercice du métier (redéfinition des missions enseignantes dans un temps de service allégé) sont également à revoir.

Le SNUipp-FSU s’appuiera sur cette enquête pour obtenir des avancées au cours des discussions à venir.

Paris, le 5 juin 2012

Dossier de presse de présentation de l’enquête "Aide personnalisée : opération vérite" :

- La présentation de l’enquête
- Les principaux enseignements
- Les résultats de l’enquête
- Les annexes
- Le dossier de presse complet