Et après les attentats ?
Agir dans l’école et la société dès maintenant !
15 janvier 2015

Depuis quelques jours, suite aux attentats qui ont endeuillé notre pays, la responsabilité de l’école se trouve clairement évoquée. Non seulement, elle aurait échoué dans sa mission d’éducation à la citoyenneté mais elle devrait de plus, trouver pratiquement seule les solutions pour en finir avec les idées reçues, la violence et le sentiment d’exclusion.

Faire tout porter sur les seules épaules de l’école et des enseignants mène à une impasse. Bien évidemment, il est essentiel de se préoccuper de cette partie de la jeunesse qui ne se reconnaît pas ou plus dans la République. Mais seule, l’école ne peut pas régler tous les problèmes de la société. Si l’école est apparue ici et là fracturée notamment lors des contestations de la minute de silence, c’est que notre société est elle même fracturée. Et, les causes de cette situation sont autant culturelle, que sociale et économique. Aujourd’hui, pour une partie des familles et de leurs enfants, le discours de l’école sur le vivre ensemble n’a pas de sens et de prise parce que la réalité vécue est celle de l’entre-soi et de la relégation sociale.

Il est clair que pour le SNUipp-FSU, on n’enrayera pas ces phénomènes avec les seuls outils présentés par la ministre lors de la rencontre du 12 janvier dernier avec les syndicats : Ressources sur le site Eduscol, parcours de formation magistère, nouveaux programmes d’éducation morale et civique, livret de prévention de la radicalisation…. De la même manière, il n’est pas sérieux de laisser croire que tout ira pour le mieux en faisant chanter aux enfants la « Marseillaise » ou en leur mettant une blouse sur le dos.

Les enseignants engagés en première ligne, dans des conditions parfois très difficiles constatent tous les jours que le défi est d’une toute autre ampleur.

Pour le SNUipp, il faut une mobilisation générale de notre société ce qui appelle des mesures fortes aussi bien sur le terrain scolaire que sur l’environnement social de l’École. Et d’autres choix budgétaires. Réussite scolaire et émancipation, cohésion et justice sociale, citoyenneté et laïcité, tout cela ne s’obtiendra pas en un jour. C’est pour cela qu’il faut agir dès maintenant !

A l’école, quelques propositions

- Renforcer le plan pour l’éducation prioritaire prévu pour la rentrée 2015. Les écoles primaires dites « isolées » et les réseaux oubliés qui remplissent les caractéristiques de l’éducation prioritaire doivent obtenir le classement REP. Des conditions particulières doivent y être développées pour les élèves (20 élèves par classe, plus de maîtres que de classes, création de métiers d’assistant d’éducation aux côtés des élèves et des enseignants…) et pour le métier d’enseignant ( allègement du temps d’enseignement pour le travail en équipe, le partenariat éducatifs et la relation aux familles.) Aucune famille ne doit être abandonnée par l’Éducation nationale.
- Permettre le développement de la scolarisation des enfants de moins de trois ans dans un cadre adapté (15 élèves par classe, conditions d’accueil des enfants, ATSEM et formation petite enfance…) C’est indispensable pour tisser des liens de confiance avec les familles les plus éloignées de l’école.
- Financer des projets pédagogiques valorisant l’école et rénover certains bâtiments scolaires afin de contribuer à la mixité sociale.
- Améliorer la formation initiale
- Relancer une formation continue totalement exsangue.

Autour de l’école, développer la mixité sociale et renforcer les services publics

- Développer une politique de la ville ambitieuse de rénovation et de réaménagement urbain avec accès au logement afin de remettre de la mixité sociale
- Développer des services publics de proximité facilitant l’accès à la santé, à la culture…
- Développer des politiques de la petite enfance

Lire aussi :
- attentats à Charlie Hebdo : des ressources pour en parler