Accompagnement scolaire : « clarifier les objectifs »
Entretien avec Jean- Michel Zakhartchouk , Enseignant et formateur. Rédacteur aux Cahiers Pédagogiques. Il a coordonné le dossier de décembre 2008 : " As-tu fait tes devoirs ? " Il dirige une collection au CRDP d’Amiens.
Une des dimensions de l’aide concerne le temps périscolaire tout proche de l’école. Quel est l’objet de cet accompagnement en général ?
- D’abord, l’accompagnement à la scolarité, comme « appui au travail » est-il efficace ? Difficile à dire, si on croit par exemple l’étude de Dominique Glasman en 2004 pour le Haut conseil de l’évaluation. Tout dépend de ce qu’on y fait, comment on le pense. On ne peut en tout cas en attendre trop, en faire une « école après l’école » qui, à la limite, dispenserait du travail de l’école, dans la classe. Et même si cela correspond aux vœux spontanés des familles, il ne peut se réduire à l’aide aux devoirs, surtout pour les enfants de l’école primaire. La dimension culturelle, notamment, doit être présente, car elle est un facteur essentiel de réussite.
Comment penser ces dispositifs ?
- Il est important de clarifier les objectifs de ce que l’on fait sur ce temps : la construction du métier d’élève pour apprendre et comprendre les choses de l’école, la construction de l’autonomie pour apprendre à faire ses devoirs ou refaire seul et finir par se passer d’aide, la découverte d’univers culturels multiples et riches. De là, découlent des activités comme le travail sur les représentations de son travail scolaire, le dialogue méthodologique, l’apprentissage des stratégies pour réussir les tâches de l’école (lecture, mémorisation, problèmes de mathématiques, etc.) mais également des ateliers culturels (astronomie, poésie, histoire…). Les dispositifs « Coup de pouce » par exemple, abordent ces dimensions et on ne peut que déplorer qu’on enlève des moyens à ceux qui les mettent en œuvre.
Quel lien avec ce qui se passe au quotidien dans la classe ?
- Ces dispositifs sont à penser en cohérence avec le temps scolaire. Il est essentiel que l’information circule. D’une part, les enseignants doivent être associés au ciblage des publics et des contenus de l’aide. Ce peut-être alors un support qui prolonge l’action du maître. Il s’agit aussi d’accompagner les acteurs qui interviennent sur ce champ périscolaire pour les aider à assurer des activités aux côtés de l’école. La formation des intervenants est indispensable. Enfin, il faut se préoccuper d’accompagner les parents, les aider à mieux assurer le suivi scolaire de leurs enfants, leur apporter, par exemple, dialogue, informations, conseils.
Autant de pistes déjà explorées par des dispositifs existants et qu’il s’agit d’amplifier. Dans le cadre d’une mobilisation de la société » autour de la réussite scolaire, que j’appelle de mes vœux, il faut évidemment clarifier la place de chacun, enseignants, parents, associations d’aide ou collectivités locales pour mobiliser les acteurs et non les mettre en concurrence comme le fait déjà faire " l’accompagnement éducatif " officiel, sorte d’OVNI aux contours encore flous qui va se mettre en place dans toutes les écoles à la rentrée prochaine.