A Malakoff | Tout pour l’oral à la maternelle
13 novembre 2008

A l’école Jean Jaurès de Malakoff, l’enseignante en MS/GS, a fait de la langue orale, l’objet de toutes ses attentions.

Chaque matin, elle organise sa classe en ateliers. Elle se consacre à deux ateliers accompagnés pour favoriser des temps d’échanges en petits groupes.

Le langage au cœur des apprentissages », pour mettre en œuvre au quotidien cette formule, l’enseignante de l’école Jean Jaurès de Malakoff s’est inspirée de la démarche de Mireille Brigaudiot. Elle associe des situations pratiques, grâce auxquelles les enfants sont amenés à produire du langage qui sert à communiquer, à comprendre et à penser, mais aussi la conscience de l’importance de la parole de l’enseignant dans les acquisitions des enfants.

Exemple ce matin, où les 27 élèves de la classe de MS/GS sont installés en 6 ateliers, 2 pour les MS et 4 pour les grands. Pour aider réellement les enfants, surtout ceux qui ont encore plus besoin de l’école, l’enseignante fait le choix de se concentrer chaque matinée sur un atelier dans chaque niveau, ce qui lui permet de mettre en place des temps d’échanges avec un petit groupe.

« Au début de l’année, ce choix est un peu difficile, les enfants doivent apprendre à chuchoter, à travailler sans le secours immédiat de l’enseignante, mais cette difficulté est vite surmontée » raconte-telle. Les MS travaillent avec l’enseignante sur la comptine « Voici ma main » et les 4 enfants manipulent les supports iconographiques pour reconstituer la comptine, la répéter, la comprendre, la mémoriser, et finalement la dire en réponse aux sollicitations de l’enseignante.

Au tour des GS, qui eux vont découvrir une nouvelle histoire, celle de Sissi, une petite souris. Valérie lit le petit texte… « Où est-ce que je lis ? » demande-t-elle. Car dans un premier temps, il s’agit d’amener les enfants à comprendre que seul l’écrit « dit », pas les images qui elles, nous montrent des choses. La souris ne peut pas écrire à son amie Lila car elle ne sait pas écrire son prénom. Comment l’aider ? Chacun prend son crayon et « cherche dans sa tête » en faisant le bruit des lettres. « I », « A » viennent facilement puis le « L » s’imposera. Deuxième phase : l’enseignante distribue à chacun six images tirées de l’histoire de SISSI, toutes sauf une. Il s’agit donc de trouver celle qui ne correspond pas au récit. « L’objectif est bien moins la découverte de l’intrus que la production du langage, les enfants doivent justifier leur choix » explique l’enseignante. D’ailleurs les images sont proches et les enfants hésitent pour finalement écarter un intrus. L’un justifie sa décision par la présence d’une télévision sur l’image, une autre fait référence au puzzle pour expliquer son choix.

L’image se fait support pour produire du langage, les enfants discourent, l’enseignante reformule si besoin. Seule une petite fille n’ose pas prendre la parole qui lui est offerte. Mais elle entend les échanges stimulés par l’enseignante. « Je porte une grande attention à ce que je dis pour me faire comprendre de tous », commente Valérie qui ajoute « J’essaie de donner une clarté cognitive à tout ce qui se passe en classe ». Tous les enfants n’entrent pas dans le langage au même rythme et pour les plus fragiles la transparence donnée à ce qui se passe à l’école rassure, met en confiance. Cela passe par les regroupements où le déroulement de la journée est explicité « Pourquoi je suis venu à l’école ? Pourquoi j’y reviens ? » Mais aussi, explique l’enseignante, « par l’explicitation des objectifs des séances comme par exemple : si on fait du graphisme c’est qu’on a besoin des traits, des ronds, des boucles… pour apprendre à écrire ». Bien sûr, c’est aussi dans la vie réelle de la classe que l’enseignante trouve les sources de l’apprentissage du langage pas à pas. Comme ce matin à l’accueil quand le retard d’une enfant a obligé l’élève responsable des repas à téléphoner à la cantine pour commander un repas supplémentaire.

Du langage en situation !