Dossier "Prof d’écol : Vous me reconnaissez ?"
3 questions à Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE
5 septembre 2014

« Une forte corrélation entre la valorisation du métier et les résultats des élèves »

3 questions à Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE

« Une forte corrélation entre la valorisation du métier et les résultats des élèves »

Comment expliquezvous le sentiment de perte de confiance ressenti par beaucoup d’enseignants ?

Contrairement à ce qui a pu être avancé, notre récente enquête TALIS, même si elle porte sur le collège, montre clairement que la grande majorité des enseignants aiment leur métier et ne seraient pas prêts à en changer. Par contre, le problème de dévalorisation est réel pour les enseignants. Seuls 5 % d’entre eux estiment que leur métier est valorisé par la société. Ces dernières années, avec une formation initiale défaillante, l’abandon de l’apprentissage des méthodes pédagogiques et une formation professionnelle quasi inexistante ont accentué les difficultés. Les enseignants sont accompagnés la première année puis abandonnés et ils ont le sentiment de pratiquer leur métier de façon de plus en plus isolée.

Y a-t-il un lien entre la reconnaissance des enseignants et l’efficacité d’un système éducatif ?

Notre étude fait apparaître une forte corrélation entre la valorisation qu’on peut avoir de son métier et les résultats obtenus par les élèves. Et inversement : quand un système éducatif fonctionne bien, on peut dire que les enseignants en tirent forcément une gratification. On n’a pas donné aux enseignants français les moyens de corriger l’école et principalement de faire reculer l’échec scolaire. Ils sont insuffisamment formés aux méthodes différenciées, à l’utilisation du numérique.

Comment améliorer la situation ?

Au delà des différents cursus et des différents niveaux, il faudrait regrouper les volontés et les énergies autour de la priorité actuelle qui est de diminuer l’échec scolaire. Cela passe par des réformes qui permettent un travail plus différencié avec des programmes axés sur des compétences- clé et une formation initiale qui associe savoir être et savoir faire. Il faut également réfléchir à toutes les incitations pour que les enseignants expérimentés travaillent dans les zones les plus difficiles mais aussi placer ceuxci dans de meilleures conditions : lorsqu’on a 30 élèves par classes, pourquoi ne pas leur adjoindre un éducateur pour assurer un climat de discipline ? L’accès à la formation continue tout au long de la carrière devrait aussi favoriser une formation plus ciblée sur les besoins.

L’ensemble du dossier :

- Se recentrer sur le métier
- Sondage snuipp : en quête de reconnaissance
- 3 questions à Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE
- 3 questions à Anne-Marie Chartier, chercheuse associée au LA RHRA/ENS-Lyon
- Circonscription : Quand la hiérarchie accompagne
- IEN : Un encadrement à restaurer
- Entretien avec Fabien Coutarel, ergonome, enseignant-chercheur