Dossier "Prof d’écol : Vous me reconnaissez ?"
3 questions à Anne-Marie Chartier, chercheuse associée au LA RHRA/ENS-Lyon
5 septembre 2014

« Confiance : la classe n’est plus seule en cause. »

3 questions à Anne-Marie Chartier, chercheuse associée au LA RHRA/ENS-Lyon

« Confiance : la classe n’est plus seule en cause. »

Pensez-vous qu’il existe une crise de confiance dans l’école ?

Des parents peuvent avoir confiance dans l’enseignant de leur enfant, dans l’équipe pédagogique d’une école, et en même temps, être méfiants à l’égard de l’école, de l’institution en général. D’après les médias, les résultats scolaires régressent ou stagnent, les réformes cafouillent, les programmes ne cessent de changer, les experts se contredisent. Quand des parents parlent d’une « bonne école », ils parlent moins de ses performances que du climat et des relations paisibles entre enfants et adultes.

Quelles en sont les raisons ?

Tout le monde sait que le métier est difficile et que le haut niveau de recrutement ne garantit pas une formation pratique suffisante. La classe n’est plus seule en cause : l’école, c’est aussi ce qui se passe dans la cour de récréation, à la cantine, dans les moments d’accueil. L’équipe éducative doit se sentir elle aussi en confiance avec les parents. L’ambiance d’une école peut être « pourrie » par des cas d’insultes, menaces ou relations agressives qui ont des effets négatifs sur tout le monde et nourrissent un discours de suspicion à l’égard des parents.

Les attentes envers l’école auraient-elles changé récemment ?

Plus l’avenir inquiète, plus la réussite scolaire est un enjeu important, plus les familles redoutent les changements perçus comme un risque plutôt qu’une chance. Les parents, plus diplômés qu’avant, attendent des explications sur tout : les méthodes de lecture, les ABCD de l’égalité, les rythmes scolaires, les évaluations. La seule voie est de prévenir ces attentes : enseigner aujourd’hui demande non seulement de savoir faire la classe, mais savoir aussi dire pourquoi et comment on fait ce qu’on fait. Les choix individuels seront d’autant mieux acceptés qu’ils s’appuieront sur des références collectives, le cadre national, le projet d’école, l’équipe de collègues.

L’ensemble du dossier :

- Se recentrer sur le métier
- Sondage snuipp : en quête de reconnaissance
- 3 questions à Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE
- 3 questions à Anne-Marie Chartier, chercheuse associée au LA RHRA/ENS-Lyon
- Circonscription : Quand la hiérarchie accompagne
- IEN : Un encadrement à restaurer
- Entretien avec Fabien Coutarel, ergonome, enseignant-chercheur